La BCE a relevé les taux d’intérêt. Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

L'inflation dans la zone euro reste beaucoup trop élevée. Par conséquent, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé le 27 octobre de relever les trois taux d'intérêt directeurs de la BCE de 75 points de base. Avec ce troisième relèvement majeur consécutif des taux directeurs, le Conseil des gouverneurs a réalisé des progrès substantiels dans le retrait de l'accommodation de la politique monétaire. Le Conseil des gouverneurs a pris la décision d'aujourd'hui, et prévoit de relever encore les taux d'intérêt, afin d'assurer le retour rapide de l'inflation à son objectif d'inflation à moyen terme de 2 %.

Pourquoi la BCE a-t-elle augmenté ses taux d’intérêt ?

En tant que banque centrale de l’euro, le mandat de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Lorsque les prix augmentent trop rapidement dans notre économie (autrement dit, lorsque l’inflation est trop élevée), une hausse des taux d’intérêt nous aide à ramener l’inflation à l’objectif de 2 % à moyen terme.

L’inflation est source de tensions pour les consommateurs. Les craintes sont fortes qu’elle puisse s’installer dans la durée. Le BCE surveille ces « anticipations d’inflation ». C’est dans ce contexte qu’elle a relevé ses taux d’intérêt, afin d’affirmer clairement qu’elle ne tolère pas une augmentation des prix supérieure à 2 %. Les anticipations d’inflation resteront ainsi maîtrisées.

En fonction de quels critères les taux d’intérêt évoluent-ils ?

Les taux d’intérêt proposés par les banques aux particuliers et aux entreprises varient généralement en lien avec les taux fixés par la BCE, mais ils sont également influencés par d’autres facteurs. Dans une économie de marché comme celle de la zone euro, les taux dépendent aussi de l’offre et de la demande de crédits, autrement dit, des montants que les entreprises et les particuliers souhaitent dépenser et investir, et de l’ensemble du crédit disponible.

Quel est le rôle de la BCE ?

La BCE est la banque centrale de l’euro. Ce n’est pas la BCE qui fixe les taux d’intérêt que vous payez sur votre prêt ou que vous recevez sur votre épargne. Mais la BCE peut les influencer.

C’est la Banque centrale européenne qui fixe ce que l’on appelle les « taux d’intérêt directeurs ». Il s’agit des taux qu’elle  offre aux banques souhaitant se financer ou conserver leur monnaie électronique au jour le jour auprès de la BCE.

Lorsque le BCE modifie les taux d’intérêt directeurs, cela se reflète de manière plus ou moins importante à travers toute l’économie, et notamment sur les prêts bancaires, les prêts de marché, les prêts immobiliers, les taux des dépôts bancaires et d’autres instruments de placement.

Quel est le rôle de la BNB ?

La Banque nationale de Belgique est la banque centrale de notre pays. Depuis le lancement de l'euro, elle fait partie de l'Eurosystème, avec la BCE et toutes les autres banques centrales des pays qui ont adopté l'euro. La BCE est à son tour la banque centrale de l'euro, et sa tâche consiste à maintenir la stabilité des prix. Le gouverneur de la BNB, ainsi que ses collègues, siègent au Conseil des gouverneurs de la BCE, qui analyse toutes les six semaines la situation économique dans la zone euro et examine ces taux d'intérêt directeurs. La Banque nationale contribue ainsi à la définition de la politique monétaire, l'une des tâches essentielles d'une banque centrale.

Comment les taux d’intérêt directeurs agissent-ils sur l’inflation ?

En temps normal, si l’inflation est trop élevée en raison d’une demande plus forte que la quantité de biens et de services disponibles, la BCE peut augmenter les taux pour rendre le crédit plus cher. L’économie ralentira, les anticipations d’inflation se normaliseront et l’inflation renouera avec des niveaux plus faibles.

Si l’inflation est trop basse, ce qui fut le cas pendant longtemps, la BCE peut abaisser les taux et rendre le crédit moins cher pour stimuler l’investissement et la demande.

Depuis la réouverture de l'économie après la pandémie et l’invasion de l’Ukraine, l'inflation a fortement augmenté et est désormais trop élevée. Les prix, plus particulièrement des produits alimentaires et de l’énergie, ont fortement augmenté en raison de la guerre. De nombreuses entreprises font également face à des difficultés croissantes pour trouver les matériaux, les pièces de rechange et la main-d’œuvre dont elles ont besoin pour produire, ce qui ne fait qu’aggraver des problèmes déjà causés par la pandémie.

La hausse des taux d’intérêt ne permettra pas à elle seule de résoudre tous ces problèmes. Elle ne fera pas baisser le coût des importations d’énergie, ne remplira pas les rayons des supermarchés ni ne fournira de semi-conducteurs aux constructeurs automobiles.

Des taux d’intérêt plus élevés permettent d’encadrer les anticipations d’inflation

Elle pourra toutefois contribuer à maîtriser les anticipations d’inflation. Si les particuliers et les entreprises pensent qu’une forte inflation va perdurer, les travailleurs auront tendance à exiger des hausses de salaires et les employeurs pourraient à leur tour augmenter leurs prix. C’est ce que l’on appelle souvent une spirale prix-salaires. La BCE continuera à augmenter les taux d’intérêt, et donc à rendre le crédit plus onéreux et l’épargne mieux rémunérée, afin d’éviter l’émergence d’une telle spirale. Elle veillera à convaincre les entreprises, les travailleurs et les investisseurs que l’inflation reviendra à 2 % à moyen terme. La BCE ne laissera pas s’ancrer les anticipations d’une inflation plus forte.