Au cours des prochaines années, l'économie belge enregistrerait une croissance moyenne de 1,2 % et le pouvoir d'achat des ménages se renforcerait

Bruxelles, le 7 juin 2019 – La croissance de l’activité économique en Belgique s’établirait à quelque 1,2 % par an durant les trois prochaines années. Tandis que le rythme d’expansion des investissements des entreprises se normaliserait progressivement et que les exportations nettes pèseraient graduellement davantage sur la croissance, la consommation des ménages augmenterait plus rapidement qu'au cours des dernières années. Cette situation tiendrait principalement à l’évolution favorable du pouvoir d’achat, qui progresserait de 3,5 % par habitant d’ici à 2021, notamment en raison de l’accélération de la hausse des salaires. Cette dernière engendrerait par ailleurs une progression continue de l’inflation sous-jacente, qui s’approcherait in fine des 2 %. Le déficit budgétaire se dégraderait quant à lui une nouvelle fois au cours des prochaines années si bien que des efforts considérables demeureraient nécessaires pour atteindre un équilibre budgétaire structurel.

L'activité économique, bien que toujours fortement influencée par des facteurs internationaux, est restée nettement plus robuste en Belgique que dans la zone euro en 2018. Dans un contexte de faiblesse persistante de la demande extérieure et d’incertitudes durables, la croissance ne se contracterait par ailleurs que légèrement cette année, revenant de 1,4 % en 2018 à 1,2 %. En 2020 et en 2021, l’économie belge conserverait un rythme d'accroissement plus ou moins identique de, respectivement, 1,1 % et 1,2 %. La révision globale à la baisse des prévisions pour la période 2019-2021 par rapport aux projections d'automne demeure toutefois relativement limitée en comparaison de celles établies pour la zone euro dans son ensemble, et résulte entièrement d’une croissance du commerce international plus modeste qu’attendu.

La croissance quasiment constante telle qu’anticipée sur la période de projection masquerait cependant une série de mouvements divergents des différentes composantes de la demande. Ainsi, la croissance de la consommation privée se renforcerait à la faveur de la hausse du pouvoir d'achat. En revanche, la croissance économique serait de moins en moins soutenue par les investissements des entreprises, qui ralentiraient conformément au cycle habituel d’investissements. En outre, la contribution à la croissance des exportations nettes s’enfoncerait peu à peu en territoire négatif, à mesure que la progression des importations s’accélérerait – tirée par l’expansion de la demande intérieure –, et que celle des exportations stagnerait. Alors que les marchés à l’exportation pertinents pour la Belgique, tels que définis dans le cadre des hypothèses communes de l’Eurosystème, se redresseraient à nouveau au terme du premier semestre particulièrement atone de 2019, les parts de marché à l’exportation devraient une nouvelle fois quelque peu s’éroder sur l’horizon de projection en raison notamment de la pression croissante des coûts salariaux d’origine intérieure.

Au cours de la période de projection, quelque 120 000 emplois supplémentaires seraient créés. La croissance de l’emploi, qui demeure actuellement très vigoureuse, s’essoufflerait néanmoins peu à peu à mesure que l’incidence de la politique de modération salariale et des mesures destinées à élargir l’offre de travail effective s’atténueront et que certains segments du marché du travail feront face à une pénurie. Dans ce contexte, l'activité serait graduellement davantage soutenue par des gains de productivité. Concomitamment, le taux de chômage harmonisé est quant à lui désormais retombé à un niveau historiquement bas et se stabiliserait dans les années à venir, l’accroissement continu de la population active présentant une évolution relativement comparable à celle de la création d’emplois.

L’inflation sous-jacente progresserait de façon régulière vers les 2 %, en ligne avec l’augmentation des coûts salariaux. Cette dernière ne se répercuterait cependant pas intégralement dans les prix, mais tendrait également à comprimer les marges bénéficiaires des entreprises, comme cela a déjà pu être observé dans le passé. Celles-ci, qui ont considérablement augmenté ces dernières années, diminueraient en effet systématiquement au cours de la période de projection pour revenir à leur moyenne de long terme. L’inflation totale serait quant à elle dopée par la hausse de l’inflation sous-jacente tandis que la décélération des prix de l’énergie la ralentirait.

Sur le plan des finances publiques, le déficit budgétaire, à politique inchangée, se dégraderait une nouvelle fois de manière continue, pour s’établir à 2,1 % du PIB en 2021. Cela s’expliquerait par un recul des recettes publiques alors que les dépenses primaires augmenteraient quelque peu et que les charges d’intérêts continueraient de diminuer. La dette publique se réduirait quant à elle, mais demeurerait cependant supérieure au PIB en 2021. 

 

 

2017 

2018 

2019e 

2020e 

2021e

CROISSANCE (données corrigées des effets de calendrier)

PIB en volume

1,7

1,4

1,2

1,1

1,2

Contributions à la croissance :

-Dépenses intérieures, hors variation des stocks

1,1

1,4

1,5

1,4

1,4

-Exportations nettes de biens et de services

0,6

0,3

0,1

-0,2

-0,3

-Variation des stocks

0,0

-0,3

-0,3

0,0

0,0

PRIX ET COÛTS

Indice des prix à la consommation harmonisé

2,2

2,3

1,5

1,6

1,5

Indice-santé

1,8

1,8

1,6

1,6

1,6

Déflateur du PIB

1,7

1,1

1,4

1,5

1,6

Termes de l’échange

-0,9

-1,4

-0,2

-0,3

0,0

Coûts salariaux par unité produite dans le secteur privé1

1,5

1,5

2,6

1,6

1,8

Coûts salariaux horaires dans le secteur privé1

1,5

1,2

2,5

2,0

2,4

Productivité horaire dans le secteur privé

0,0

-0,3

-0,1

0,4

0,6

MARCHÉ DU TRAVAIL

Emploi intérieur (variation annuelle moyenne, milliers de personnes)

64,5

61,7

60,8

33,7

26,9

Volume total de travail2

1,5

1,6

1,2

0,7

0,6

Taux de chômage harmonisé (pourcentages de la population active âgée de 15 ans ou plus)

7,1

6,0

5,7

5,7

5,7

REVENUS

Revenu disponible réel des particuliers

1,4

1,3

1,9

1,5

1,6

Taux d’épargne des particuliers (pourcentages du revenu disponible)

11,4

11,7

12,7

12,6

12,7

FINANCES PUBLIQUES

Solde primaire (pourcentages du PIB)

1,6

1,6

0,7

0,2

-0,2

Solde de financement (pourcentages du PIB)

-0,8

-0,7

-1,3

-1,7

-2,1

Dette publique (pourcentages du PIB)

103,4

102,0

101,4

101,3

101,2

COMPTE COURANT

(selon la balance des paiements, pourcentages du PIB)

0,7

-1,3

-1,6

-2,0

-2,2

 

Sources: CE, ICN, Statbel, BNB.
(1) Y compris les subsides salariaux (principalement les réductions du précompte professionnel) et les réductions de cotisations patronales ciblées.
(2) Nombre total d’heures ouvrées dans l’économie.