Mise à jour trimestrielle du 11 septembre 2020

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Executive summary

Au deuxième trimestre de 2020, l’octroi de crédits aux sociétés non financières par les banques résidentes a diminué en Belgique, leur taux de croissance sur une base annuelle s’établissant à 3,4 % à la fin de juin, contre 6,6 % à la fin de mars. Cette situation résulte de plusieurs éléments, parmi lesquels le remboursement de certains crédits à court terme contractés au début de la crise sanitaire, la baisse de la demande de crédits émanant d’entreprises multinationales et la diminution des besoins de financement liés aux investissements. Dès lors, le taux de variation des prêts à court terme (moins d’un an) a reflué à 0,3 % au deuxième trimestre (contre 8,9 % le trimestre précédent), tandis que celui des crédits à moyen terme (entre un et cinq ans) a baissé à 5,6 % (contre 8,8 % à la fin de mars). Enfin, le taux de croissance des crédits à long terme (plus de cinq ans) a pointé à 4,3 % à la fin de juin 2020, contre 5,1 % le trimestre précédent.

Afin d’alléger la pression pesant sur la situation financière de certaines entreprises particulièrement exposées à la crise du COVID-19, le ministre des Finances et le secteur financier, assistés par la Banque, ont passé, en mars, un accord en vue d’un soutien financier aux entreprises sous la forme d’un report de paiement des crédits, prévu initialement pour une durée maximale de six mois et portant uniquement sur le capital. Cette mesure a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2020 pour les emprunteurs qui subissent encore les conséquences de la crise. Selon les dernières données disponibles, cette facilité concernait, à la date du 9 août, 22,7 milliards d’euros de crédits aux entreprises, pour leur majorité des PME ; il s’agissait principalement de crédits à long terme. Pour les petites et moyennes entreprises, la part des crédits concernés par le moratoire était estimée à quelque 17 % de leurs dettes bancaires. Par ailleurs, le régime de garanties d’État offertes sur les prêts bancaires aux entreprises a été étendu. Pour certaines PME, en effet, la période de reprise ira vraisemblablement au-delà d’un an. Dès lors, des crédits de moyen terme leur seront nécessaires, raison pour laquelle le nouveau régime vise les prêts aux PME d’une durée supérieure à 12 mois et n’excédant pas 36 mois. Selon les dernière données disponibles, l’ensemble des crédits sous garantie d’État (ancienne et nouvelle moutures) concernait 1,1 milliard d’euros au début d’août.

Les taux d’intérêt appliqués aux nouveaux crédits bancaires sont demeurés bas. Au deuxième trimestre de 2020, les tarifs sur les nouveaux crédits aux entreprises ont toutefois renchéri quelque peu. Les taux des crédits à court terme inférieurs à un million d’euros, qui suivent habituellement la même tendance que les taux du marché monétaire, se sont établis à 1,59 % (+1 point de base par rapport au trimestre précédent) ; le tarif des prêts de court terme supérieurs à un million d’euros a grimpé à 1,38 % (+6 points de base). Les taux à moyen terme (entre un et cinq ans) ont repris 16 points de base, pour se situer à 1,53 %. Enfin, la moyenne des taux d’intérêt à long terme (plus de cinq ans) s’est redressée, pour ressortir à 1,55 % (+2 points de base).

Selon les informations fournies par les quatre grandes banques belges interrogées dans le cadre de l’enquête de l’Eurosystème sur la distribution du crédit bancaire, les critères d’octroi de crédits aux entreprises ont été légèrement resserrés au deuxième trimestre de 2020, tant pour les PME que pour les grandes firmes. Les établissements de crédit ont rapporté une évolution défavorable sur le plan de la perception du risque, ainsi que sur ceux de leurs coûts de financement et de leurs contraintes de bilan. La tolérance au risque a également baissé. Par ailleurs, les banques ont fait état d’une diminution modérée de la demande de crédits par rapport au trimestre précédent, qui résulte de moindres besoins de financement destinés aux investissements et aux opérations de fusion et acquisition, ainsi que d’une évolution défavorable du niveau des taux d’intérêt. Les développements concernant ces facteurs ont toutefois été partiellement compensés par une augmentation des besoins relatifs à la gestion des stocks et du fonds de roulement, ainsi qu’à la restructuration des dettes. Pour le troisième trimestre de 2020, les banques belges anticipent un maintien de leurs critères d’octroi de crédits et tablent sur un affaiblissement significatif de la demande de prêts des entreprises. Du point de vue des sociétés non financières, les conditions globales de crédit se sont légèrement détériorées par rapport au trimestre précédent.

Dans l’ensemble de la zone euro, l’octroi de crédits aux entreprises a continué d’augmenter au deuxième trimestre de 2020, se fixant à 7,2 % en juin, contre 5,6 % le trimestre précédent. Des taux de croissance positifs ont été enregistrés dans tous les États membres. Par ailleurs, les banques de l’union monétaire ont fait mention d’un durcissement contenu, compte tenu de la situation de crise, de leurs critères d'octroi de crédits aux entreprises durant cette période, ainsi que d’une hausse sensible de la demande, induite par des besoins de liquidité. Elles prévoient un resserrement de leurs critères d’octroi et un accroissement modéré de la demande au troisième trimestre de 2020.

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