Mise à jour trimestrielle du 1er mars 2019

Version intégrale du commentaire trimestriel (PDF).

Executive summary

Au quatrième trimestre de 2018, l’expansion des crédits octroyés aux sociétés non financières par les banques résidentes a ralenti en Belgique par rapport à septembre 2018, tout en demeurant à un niveau élevé. À la fin de décembre, le taux de croissance sur une base annuelle de ces crédits s’établissait à 6,3 % (contre 8,0 % en septembre). Toutes les catégories de crédits sont concernées par ces évolutions: le taux de variation de ceux à long terme (plus de cinq ans) est ressorti à 6,0 % à la fin de l’année (contre 7,4 % le trimestre précédent), tandis que celui des crédits à moyen terme (entre un et cinq ans) a légèrement diminué, retombant à 1,7 % (contre 2,6 % en septembre). Enfin, le taux de croissance des crédits à court terme (moins d’un an) s’est inscrit dans la même tendance, pointant à 9,4 % au quatrième trimestre de 2018, contre 12,4 % le trimestre précédent.

De manière générale, la souscription de crédits a été stimulée par le bas niveau des taux d’intérêt appliqués aux nouveaux crédits bancaires. Au quatrième trimestre de 2018, les tarifs sur les nouveaux crédits aux entreprises ont varié en sens divers mais sont restés globalement proches de leur minimum historique. Les taux des crédits à court terme, qui suivent habituellement la même tendance que les taux du marché monétaire, se sont établis, pour ce qui est des prêts inférieurs à un million d’euros, à 1,57 % ( 4 points de base par rapport au trimestre précédent) et à 1,35 % pour les emprunts supérieurs à cette somme (+1 point de base). Les taux à moyen terme (entre un et cinq ans) ont baissé de 14 points de base, pour se situer à 1,25 %. Enfin, la moyenne des taux d’intérêt à long terme (plus de cinq ans) a augmenté, pour atteindre 1,80 % (+5 points de base).

Selon les informations fournies par les quatre grandes banques belges interrogées dans le cadre de l’enquête de l’Eurosystème sur la distribution du crédit bancaire, les critères d’octroi de crédits aux entreprises ont été légèrement durcis au quatrième trimestre de 2018 (une banque concernée). Les coûts de financement et les contraintes de bilan, de même que la perception des risques, auraient joué en faveur d’un resserrement des critères d’octroi, tandis que la pression concurrentielle qui s’exerce entre les établissements de crédit aurait continué de peser en sens inverse. Par ailleurs, les banques ont fait état d’un nouvel accroissement de la demande de crédits par rapport au trimestre précédent, qu’elle émane des grandes firmes ou des PME. Celui-ci tiendrait essentiellement au niveau des taux d’intérêt ainsi qu’à l’avivement des besoins de financement liés aux investissements. Pour le premier trimestre de 2019, les banques belges anticipent un (léger) durcissement de leurs critères d’octroi de crédits et tablent sur une stabilisation de la demande de prêts des entreprises. Du point de vue des sociétés non financières, les conditions globales de crédit sont toujours considérées comme relativement favorables.

Dans l’ensemble de la zone euro, l’octroi de crédits aux entreprises s’est légèrement replié au quatrième trimestre de 2018, revenant à 4,0 %, contre 4,3 % le trimestre précédent. Des taux de croissance positifs ont été enregistrés dans tous les États membres, à l’exception de l’Espagne et des Pays-Bas. Par ailleurs, les banques de l’union monétaire ont fait mention d’une stabilisation de leurs critères d'octroi de crédits aux entreprises durant cette période, ainsi que d’un raffermissement de la demande. Elles prévoient un resserrement de leurs critères d’octroi et une nouvelle hausse de la demande au premier trimestre de 2019.

Thèmes spécifiques récents